Voici un dialogue entre « le pasteur » (P) et des enfants qui posent des questions (E) … On peut laisser un enfant prendre le rôle du pasteur, ou alors, c’est le-la catéchète qui prend ce rôle. Faire passer le texte pour que les enfants posant les questions puissent lire à tour de rôle, donner une page après l’autre, pour ne pas avoir les réponses sous les yeux.

Le texte permet un petit Vrai/Faux en cours… distribuer les panneaux vert / rouge pour y participer…

“25 décembre”

E – Que se passe-t-il ?

P – C’est Noël !

E – Comment, on fête aussi Noël au caté ? je croyais que c’était juste une fête commerciale pour écouler les stock de chocolats invendus de Pâques et acheter plein de cadeaux…

P – Non en fait, c’est l’inverse, c’est à Pâques qu’on refond le vieux chocolat de Noël dans les lapins…

E – Sérieux ?

P – Non… mais Noël, ce n’est pas qu’une question de boîte de chocolat. On célèbre la naissance de Jésus.

E – Ah ! bon, il est né le 25 décembre ?

Vrai / Faux :  Jésus est né le 25 décembre de l’an zéro.

P – En fait, on ne sait pas trop quand il est né… mais on a choisi de faire la fête au solstice d’hiver. Le jour où la nuit est la plus longue.

E – Comment ça, c’est le jour ou la nuit qu’il est né ?

P – C’était pour expliquer le solstice. Les romains y célébrait la renaissance du soleil, sans lequel la vie n’est pas possible. Alors, il a semblé aux chrétiens que c’était une bonne date pour annoncer la venue de celui qui est la “lumière du monde”.

E – Et donc ils ont transformé une fête païenne en fête chrétienne…

P – Mais oui, si une fête peut se transformer, alors les coeurs de ceux qui font la fête aussi !

“Le sapin”

E – Dis donc, ta fête chrétienne… est-ce qu’elle est vraiment chrétienne avec toutes ces décorations. Et d’abord, pourquoi y a-t-il un sapin comme décoration ?

Vrai / Faux : On a choisi des sapins parce qu’il sentent bon à Noël

P – Le premier sapin qui a été décoré par des chrétiens remonte au tout début de la Réforme du côté de l’Alsace. Les protestants d’alors voulaient se distancer des catholiques qui faisaient une grande fête à la Saint-Nicolas et ainsi faire de Noël une belle fête.

E – Mais pourquoi prendre un sapin ?

P – C’était pour rappeler l’arbre de vie, celui qui a été placé par Dieu dans le jardin d’Eden, symbole de la vie offerte par Dieu. On prend un sapin, parce que, dans nos régions du nord de l’Europe, c’est le seul arbre vert à cette époque de l’année. Il est ainsi vraiment porteur d’un message d’une vie qui ne s’arrête pas même si la mort apparente de l’hiver semble être partout la plus forte.

E – Et puis, un sapin, c’est pratique pour accrocher les chocolats…

P – Vous y tenez à vos chocolats… et bien, tout au début, il n’y en avait pas !


Vrai / Faux : Les premiers sapins de 1600 étaient décorés simplement avec des bougies

“Les boules rouges”

E – Excuse-moi, est-ce que tu voudrais bien nous dire maintenant comment on décorait les premiers sapins de Noël ?

P – Et bien, au début, on ne vendait pas encore plein de décoration, alors on accrochait des petites pommes rouges. Et puis comme les citadins ne possédaient pas forcément de pommiers, on s’est mis à faire des boules pour faire comme si c’étaient des pommes.

E – Des pommes sur un pommier, je comprends. Mais pourquoi des pommes sur ton sapin ?

P – La pomme, ça ne vous rappelle rien ?

E – La pomme d’Adam ? celle qu’Eve a croquée parce qu’un serpent, passant par là avec une pomme sous le bras, l’a tentée ?

P – Hé ! oui, c’est pour rappeler que les hommes ont péchés et se sont détournés de Dieu.

E – Aïe, tout de suite des grandes phrases avec des grands mots… bon, ils ont mangé une pomme et alors, il devait en rester plein d’autres sur le pommier.

P – La question n’est pas là. Ce qui est grave est qu’ils ont désobéit à Dieu. Ils pouvaient manger de tout, sauf des fruits de cet arbre. Dieu les avait créés libres, mais avec une limite à ne pas franchir. La conséquence a été que les relations harmonieuses qu’ils avaient avec Dieu ont été rompues, et le mal avec le malheur sont entrés dans le monde.

Vrai / Faux : Le sens du mot « péché » est « manquer la cible » et non pas « faire quelque chose de mal »

E – Si donc les choses ne sont pas parfaites aujourd’hui, c’est à cause d’une pomme ?

P – Et c’est pour rappeler qu’il y a des choses à réparer, en nous, comme dans nos relations avec les autres et avec Dieu que nous accrochons des boules rouges sur l’arbre de vie, le sapin. La vie est source de souffrance parfois, et c’est parfois aussi la faute à nous autres humains… et parfois, c’est juste la conséquence d’injustices qui nous dépasse.

E – Triste constat… un peu trop sombre pour un message de Noël, non ?

P – C’est une occasion de réfléchir : qu’est-ce qui ne tourne pas rond en moi ? Qu’est-ce qui m’empêche d’être heureux ? Qu’est-ce que Dieu pourrait guérir comme blessure ? Ai-je besoin d’être consolé parce que j’ai mal quelque part ?

“Les noeuds rouges et or”

P – Qu’en pensez-vous ? Dieu, lui aussi a beaucoup pensé à la situation du monde. Il n’a pas voulu que les choses restent ainsi. Parce que son amour est tellement grand pour tous, il a envoyé son Fils Jésus Christ pour sauver le monde.

E – De nouveau des grands mots…

P – Pour dire autrement, bien que les humains se soient détournés de Dieu, Dieu ne s’est pas détourné des humains. Il a tout fait pour rester en lien et pour recréer les liens rompus. Voilà pourquoi on mettait des noeuds en ruban sur les sapins de l’époque. Pour dire tout l’attachement de Dieu à sa création qu’il n’abandonne pas.

E – C’est vrai, on dit “nouer des relations”… mais pourquoi sont-ils en rouge et or ?

Vrai / Faux : L’or symbolise la richesse

P – L’or parle de la divinité de Dieu, de sa sainteté, de sa perfection. Le rouge représente à la fois tout l’amour de Dieu qu’il a pour nous et aussi le sacrifice de Jésus sur la croix, ainsi que son sang versé pour offrir le pardon à tous.

E – Dis donc, avec ton sapin, c’est un message bien plus complexe que juste l’histoire du petit Jésus dans la crèche entre le boeuf et l’âne.

P – C’est comme un résumé de tout l’Evangile, et ça permet de redonner du sens à la venue de Jésus sur terre. C’est aussi ce qu’a fait Jean dans son Evangile. Il commence son récit en nous parlant de manière figurative de Jésus. Il en parle comme du Verbe ou de la Parole de Dieu qui existait dès le commencement du monde, et de la lumière qui vient dans les ténèbres. Ecoute la profondeur de ce récit…

Lecture biblique : Jean 1, 1-18 (Cf. Fiche de l’enfant)

“Les hosties ou les pains d’épices (biscuits ou chocolats)”

E – On ne m’avait jamais parlé de Noël ainsi. Je comprends pourquoi c’est une fête importante… mais c’est dommage qu’on ait oublié de dire pourquoi on met des décorations sur le sapin. Et d’ailleurs, tu ne m’as pas encore expliqué pourquoi on met des chocolats, c’est juste en Suisse qu’on le fait ?

P – A l’origine, on accrochait des hosties, ce petit morceau de pain azyme, sans levain, qui est distribué à la messe. Si les pommes étaient là pour rappeler le péché, les hosties démontraient le pardon déjà accordé par Dieu et offert à tous.

E – C’est moins bon que du chocolat…

P – Hé oui… c’est peut-être pour ça qu’on a assez rapidement préparé des pains d’épice, avec du miel : c’est du pain de communion avec de la vie en plus ! Une vie festive, que l’on se souhaite douce, sous la bénédiction de Dieu.

E – Mais sur nos sapins, il n’y a pas de pain d’épice…

P – Non, en Alsace, on y trouve parfois biscuits à l’anis, ils sont blancs comme l’étaient les hosties et surtout ils sont très durs : pour dire toute la solidité de l’engagement de Dieu à pardonner. On peut vraiment compter dessus…

E – Et ça se mange ?

P – C’est délicieux trempé dans du thé ou du café… et c’est à déguster tout doucement pour en profiter longtemps…

E – Et donc on peut mettre des chocolats sur le sapin ?

P – En fait, tu as toute liberté de réinterpréter le message central de Noël. Avec le chocolat, tu peux annoncer la douceur et la tendresse de Dieu pour un monde où la vie n’est pas toujours facile.

E – Je crois que cette année, en pensant à tout ce qui se passe dans le monde, je vais mettre une tonne de douceurs sur mon sapin… pour qu’il y ait plus de tendresse et d’amour autour de nous…

« Les cannes en sucre d’orge »

E – Il y a aussi un bonbon que les américains aiment mettre sur leur sapin, en rouge et blanc, ça veut aussi dire quelque chose ?

P –  J’aime ce bonbon, il y a une histoire derrière… celle d’un confiseur, qui était triste de ne pas être un pasteur. Il aurait voulu pouvoir dire à tout le monde que Jésus est le Sauveur du monde… mais il n’était pas pasteur, juste confiseur.

E – Il fabriquait des bonbons, quoi !

P – Il a donc eu l’idée de faire ce qu’il savait faire pour raconter ce qu’il croyait, un bonbon en forme de J – comme Jésus, et dans l’autre sens, en forme d’une canne de berger, puisque Jésus est le bon Berger. Il l’a voulu en sucre d’orge, blanc et rouge. Pour dire la perfection de Dieu et l’amour de Jésus. C’est le petit cadeau que nous vous offrons ce Noël.

“Les bougies”

E – Mais dis-moi, sur un sapin re-décoré comme à l’origine, Il n’y avait pas de guirlande électrique ! On ne me l’a fait pas…

Vrai / Faux : les guirlandes électriques symbolisent Jésus la lumière du monde

P – Il a fallu attendre le 18ème siècle pour que les sapins commencent à s’illuminer. Mais tu as entendu le message de l’Evangile de Jean : Jésus y est présenté comme la lumière qui illumine les ténèbres. C’est plein de bon sens que de mettre des bougies sur le sapin.

E – Et l’électricité ?

P – C’est aussi plein de bon sens, pourquoi prendre le risque d’un incendie, de créer un malheur, alors que l’on veut annoncer le bonheur ? Dieu n’est jamais resté figé dans l’annonce de son message… on ne parle plus au 21ème siècle comme parlait Jean Calvin, le grand réformateur venu à Genève : le français a évolué. Ainsi, pour dire la même chose que le réformateur à son époque, il faut employer d’autres mots, des mots plus modernes. Et donc, on peut légitimement moderniser les bougies… c’est signe que Dieu s’adapte à ce qu’on est capable de comprendre aujourd’hui. Ce n’est pas à nous d’avoir à apprendre une langue ancienne pour pouvoir le comprendre.

E – Alors on apprend plus le grec, le latin et l’hébreux à nos pasteurs…

P – Mais si… mais c’est pour les occuper à chipoter sur des détails. L’essentiel du message de l’évangile peut se comprendre avec des mots tout simples, il est accessible même pour des petits enfants. Il nous invite à recevoir cette lumière qui vient de Dieu et qui éclaire l’intelligence. Pour comprendre ce message d’amour, il suffit d’un coeur ouvert prêt à l’accueillir.

E – C’est beau ce que tu dis. J’ai bien fait de venir au caté aujourd’hui… je me réjouis de raconter tout ce que j’ai appris sur Noël chez moi.

P – Bonne idée. Si Dieu s’implique tellement dans l’histoire de notre monde, c’est bien parce que pour lui chacun d’entre nous a de la valeur à ses yeux et c’est important que chacun le sache. Il veut retrouver une relation vraie avec chacun et veut devenir proche de tous. C’est lui qui est venu sur terre, il fait le premier pas, à nous de répondre à son amour et d’accepter sa main tendue.

Chant : Une fleur m’a dit

Bénédiction

Que le Seigneur nous bénisse et nous garde

Le sapin nous le rappelle, Il est celui qui nous offre la vie

Les boules rouges nous y invitent, Il est celui devant qui tout peut se dire, même le pire

Les rubans noués le proclament, Il est celui qui entre en relation avec chacun

Les pains d’anis le soulignent, il est celui qui veut et peut pardonner

Les lumières l’annoncent, Il est celui qui nous éclaire

Les cannes en sucre d’orge le proclame, Jésus est le bon berger qui nous conduit à chaque jour

Allons, dans la paix et la joie de Noël, Dieu nous béni et nous garde.

Amen